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Est-il mieux d'acheter une maison avec ou sans garantie légale ?



L’achat d’une maison ou de tout autre immeuble est souvent l’une des décisions les plus importantes d’une vie, et pourtant, peu d’acheteurs comprennent réellement les protections qui s’appliquent lors d’une transaction immobilière. Au Québec, la garantie légale joue un rôle crucial : elle encadre la vente, protège l’acheteur contre les vices cachés et assure que la propriété correspond à son état réel au moment de l’achat.


Malgré son importance, cette garantie est encore méconnue, et plusieurs transactions se font même sans garantie légale, une option qui transfère la majorité des risques à l’acheteur. Avec l’aide du courtier immobilier, du rapport d’inspection et d’une bonne compréhension du Code civil, il devient possible de prendre une décision éclairée et d’éviter de mauvaises surprises. Dans ce guide complet, nous expliquons ce qu’est la garantie légale, ce qu’elle protège et comment naviguer efficacement dans le processus d’achat d’une propriété au Québec.


Qu’est-ce que la garantie légale d’une maison ?


La garantie légale est une protection automatique prévue au Code civil du Québec qui s’applique à toute vente d’une propriété, qu’il s’agisse d’une maison, d’un condo ou d’un immeuble. Elle existe même si elle n’est pas mentionnée dans le contrat d’achat. Elle protège l’acheteur contre certains problèmes liés à la qualité, à la sécurité, à la conformité ou encore au titre de propriété.


En d’autres mots, lorsqu’une transaction immobilière est conclue, le vendeur garantit que l’immeuble vendu ne comporte pas de problèmes graves, inconnus et non apparents, ce que l’on appelle des vices cachés.


Références du Code civil du Québec


  • Article 1716 C.c.Q : obligation générale du vendeur d’assurer que le bien vendu est exempt de défauts.

  • Article 1726 C.c.Q : définition de la garantie légale de qualité, incluant les vices cachés.

  • Article 1733 C.c.Q : portée de la garantie légale pour les vendeurs professionnels (présomption plus sévère).




Quelle est la différence entre une garantie légale et une garantie conventionnelle ?


La garantie légale est une protection prévue par le Code civil du Québec qui s’applique automatiquement à la vente d’un immeuble, sauf si elle est exclue. Elle vise les vices cachés, soit des défauts graves, non apparents et inconnus de l’acheteur au moment de l’achat, qui existaient avant la vente et qui rendent la propriété impropre à l’usage auquel on la destine ou en diminuent sérieusement la valeur.


La garantie légale ne signifie toutefois pas que la propriété est parfaite. L’acheteur demeure tenu d’agir avec prudence, notamment en procédant à une inspection préachat afin d’identifier les défauts visibles ou prévisibles.


À l’inverse, la garantie conventionnelle est optionnelle et vient s’ajouter au contrat pour offrir une protection supplémentaire, par exemple lorsqu’un constructeur ou un entrepreneur propose une garantie additionnelle. Par défaut, toute transaction est présumée inclure la garantie légale, sauf si le contrat contient une clause indiquant que la vente est faite sans garantie légale, aux risques et périls de l’acheteur, ce qui limite alors de façon importante les recours possibles.


Les deux volets de la garantie légale au Québec


La garantie légale comprend deux protections distinctes, toutes deux essentielles dans une transaction immobilière :


1. La garantie de qualité (incluant les vices cachés)


La garantie légale de qualité protège l’acheteur lorsqu’un problème sérieux n’était pas visible au moment de l’inspection, et que ce problème rend la propriété impropre à l’usage ou en réduit considérablement la valeur.


Les conditions d’un vice caché


Pour être considéré comme un vice caché, un défaut doit respecter tous ces critères :

  1. Grave : le problème affecte l’usage normal de la propriété.

  2. Antérieur à la vente : le vice existait avant la transaction immobilière.

  3. Non apparent : un acheteur prudent n’aurait pas pu le détecter même avec une inspection complète.

  4. Inconnu de l’acheteur : aucune information ou signe révélateur n’était visible.

  5. Non déclaré par le vendeur : le vendeur ne doit pas avoir dissimulé ou minimisé le problème.


Exemples fréquents de vices cachés


  • Infiltrations d’eau dans le sous-sol

  • Moisissure dans les murs

  • Fissures majeures dans les fondations

  • Problèmes d'électricité non conformes

  • Plomberie défectueuse et non visible

  • Pyrite ou pyrrhotite

  • Présence de mérule pleureuse

  • Infestation (fourmis charpentières, termites)

  • Structure affaiblie par pourriture du bois

  • Toiture mal installée ou dégradée sous les bardeaux


Ces défauts n’étant pas apparents lors de l’inspection préachat, ils peuvent devenir la base d’un recours juridique.


2. La garantie du droit de propriété


Ce volet protège l’acheteur contre les problèmes touchant le titre de propriété, les droits d’usage ou les charges juridiques rattachées à l’immeuble.


Vice de titre


Un vice de titre est un problème juridique empêchant l’acheteur d’avoir une propriété pleinement libre. Exemples :

  • Hypothèque légale non radiée

  • Servitude inconnue

  • Litige ou revendication sur le terrain

  • Bornage incorrect

  • Contestation de la propriété par un tiers


Trouble de droit


Il s’agit de toute situation où l’acheteur ne peut jouir pleinement du bien en raison d’un droit exercé par un tiers, comme :

  • Accès restreint à une partie du terrain

  • Droit de passage abusif ou non déclaré

  • Contraintes municipales non révélées


Présomption de connaissance du vendeur


Le vendeur professionnel (ex. : entrepreneur, flipper immobilier, promoteur) est présumé connaître les vices. Cette présomption rend beaucoup plus difficile pour lui d’exclure la garantie légale ou de se défendre en cas de poursuite. Pour un vendeur non professionnel, la responsabilité demeure, mais certaines protections s’appliquent différemment.


Acheter une maison sans garantie légale : Que signifie « à ses risques et périls » ?


Acheter un bien immobilier sans garantie légale signifie que la vente est conclue avec une clause précisant que l’acheteur accepte l’immeuble à ses risques et périls, ce qui retire presque toute protection reliée aux vices cachés. Dans ce type de transaction, le vendeur n’assume plus la responsabilité des défauts cachés qui pourraient être découverts après l’achat, même s’ils sont graves ou qu’ils existaient avant la vente. L’acheteur prend donc en charge ces risques, ce qui en fait une décision qui exige une grande prudence et une compréhension claire des implications en droit immobilier.


Exemple de clause d’exclusion


« Cette vente est faite sans garantie légale de qualité, aux risques et périls de l’acheteur. »

Cette clause peut paraître simple, mais elle a un impact majeur, car elle limite de façon significative les recours juridiques en cas de problème découvert après la prise de possession.


Différence entre vendeur professionnel et vendeur non professionnel


La portée de l’exclusion varie selon le statut du vendeur :

  • Vendeur professionnel (promoteur, entrepreneur, flipper immobilier): En droit immobilier, il est présumé connaître les vices affectant le bien. De ce fait, même avec une exclusion, il lui est beaucoup plus difficile d’éviter sa responsabilité. Les tribunaux sont plus sévères envers lui.

  • Vendeur non professionnel (propriétaire occupant, succession): L’exclusion est généralement valide tant qu’il n’y a pas de dol ou de dissimulation volontaire. L’acheteur assume réellement les risques.


Achat immobilier : Avec ou sans garantie légale ?

Voici un tableau clair permettant de comprendre rapidement la différence entre une vente avec garantie légale et une vente sans garantie légale, un élément essentiel pour évaluer les risques et les protections disponibles en matière de vices cachés et de droit immobilier :

Critère

Avec garantie légale

Sans garantie légale (à ses risques et périls)

Protection contre les vices cachés

Oui

Non

Recours possibles contre le vendeur

Plusieurs (réduction du prix, résolution de la vente, dommages-intérêts)

Très limité (seulement en cas de dol ou dissimulation)

Risque financier pour l’acheteur

Faible

Élevé

Recommandé pour

Acheteurs qui veulent une sécurité juridique lors de la transaction

Propriétés très âgées, flips, successions, immeubles vendus « tel quel »

Ce tableau démontre que renoncer à la garantie légale augmente significativement les risques et devrait être envisagé uniquement après une inspection préachat rigoureuse et une compréhension complète des conséquences.


L’importance de l’inspection préachat

L’inspection préachat est l’un des éléments les plus importants pour sécuriser une vente d’un immeuble. Elle permet à l’acheteur d’obtenir une vision objective et professionnelle de l’état réel de la propriété avant de signer l’acte de vente.


Le rôle de l’inspection préachat


Une inspection professionnelle réalisée par un inspecteur qualifié aide à :

  • identifier les défauts apparents,

  • repérer les signes qui pourraient indiquer un vice futur,

  • valider l’état des composantes importantes du bâtiment,

  • réduire les risques lors de l’achat,

  • faciliter la négociation du prix ou des conditions.


Pour un courtier immobilier ou un acheteur, le rapport d’inspection est un outil clé pour prendre une décision éclairée.


Ce qu’un inspecteur doit vérifier


Un inspecteur en bâtiment doit examiner toutes les composantes majeures de l’immeuble, notamment :

  • Fondation, structure et ossature

  • Toiture, revêtement extérieur et étanchéité

  • Système électrique

  • Plomberie et drainage

  • Chauffage et ventilation

  • Isolation et efficacité énergétique

  • Présence possible d’infiltrations d’eau ou d’humidité

  • Signes d’usure, de pourriture ou d’infestation

  • Fonctionnement des portes, fenêtres et escaliers

  • Sécurité générale du bâtiment


Le rapport d’inspection devient ensuite un document essentiel pour déterminer si la propriété correspond bien à sa description et à la déclaration du vendeur.




FAQ: Garantie légale et vices cachés au Québec

Combien de temps dure la garantie légale au Québec ?

La garantie légale n’a pas de durée fixe, elle s’applique tant que le vice caché existait avant la vente et qu’il était non apparent. Le délai pour poursuivre dépend de la découverte du vice, non de la date d’achat.


Quels vices sont couverts par la garantie légale ?

Sont couverts les vices graves, antérieurs à la vente, non apparents et qui diminuent l’usage ou la valeur de l’immeuble, notamment l’infiltration d’eau, les fondations fissurées, l’électricité non conforme, la moisissure ou encore l’infestation.


Comment prouver un vice caché ?

Il faut démontrer que le défaut était grave, existait avant la vente, était invisible lors de l’inspection et n’a pas été divulgué. Un expert (ingénieur, inspecteur spécialisé) peut fournir un rapport technique.


Quel est le délai pour dénoncer un vice caché au vendeur ?

La dénonciation doit être faite rapidement, par écrit, dès la découverte du problème. Une mise en demeure est fortement recommandée.


Que faire si un vice caché est découvert après l’achat ?

Documenter le problème, consulter un expert, dénoncer le vice au vendeur, puis tenter une entente. En cas de refus, un recours peut être entrepris devant la Cour des petites créances ou la Cour du Québec.


Un vendeur peut-il exclure la garantie légale ?

Oui, mais l’exclusion doit être claire et écrite. Le vendeur professionnel, lui, peut rarement se libérer de cette responsabilité en raison de la présomption de connaissance.


La garantie légale s’applique-t-elle aux condos et plex ?

Oui. Elle couvre toutes les propriétés : maison unifamiliale, condo, duplex, triplex, immeuble à logements, et même les bâtiments en copropriété.



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